Bruno Lagarrigue

Présentation de l'ouvrage

C’est dans un amas confus de papiers retrouvés au fond des communs délabrés d’un château inhabité pendant plus de soixante ans, que Bruno Lagarrigue a découvert les poésies originales inédites d’un poète inconnu.

Des recherches révélèrent que l’érudit Jean Xavier Napoléon Vidal (1804–1878), natif de Saint-Flour, en était l’auteur. Après une carrière d’enseignant à Paris, Vidal était revenu vers 1860 dans sa ville natale pour jouir de sa retraite. Il devint membre du Salon littéraire de Saint-Flour, fut élu conseiller municipal et s’adonna à la poésie.

Sachant manier plusieurs styles comme le sobre, le passionné, le grave et même le burlesque, Vidal aborde, parmi les thèmes qu’il affectionne, l’inspiration poétique, les sciences, la nature, la politique, le réalisme social, le nationalisme, la mort et, bien sûr, l’amour.

En dépit de ses chagrins dus au décès de son fils unique puis de celui de son épouse, Vidal campe dans ses poésies des narrateurs optimistes qui ont confiance dans l’avenir de l’humanité. Ces derniers maudissent les coryphées sanguinaires, détestent les champs de bataille meurtriers et vantent de préférence les savants et les sciences.

Les poèmes vidaliens, élégants, sincères et singuliers, méritent assurément leur place dans l’histoire littéraire française du xixe siècle. L’authenticité, la grande sensibilité et les tableaux parfois poignants qui émanent de ces Soupirs d’amours font manifestement de Jean Xavier Napoléon Vidal un poète romantique honorant Saint-Flour, l’Auvergne et sa nation.

 

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Par quels chants glorieux me rendrai-je immortel ?
Faudra-t-il emboucher la trompette héroïque ?
Ou bien prenant le ton lugubre et solennel,
Faire verser des pleurs à la muse tragique ?

Ou plutôt célébrant l'amour et la beauté,
Vais-je d'Anacréon emprunter l'harmonie ?
Mais les rides font fuir l'amour épouvanté,
Et la beauté dédaigne une muse vieillie.

Aux jeunes de chanter la gloire et les amours ;
Ils en aiment le joug et les chaînes dorées.
À nous que reste-t-il pour charmer nos vieux jours ?
Rien que le souvenir des femmes adorées.

Pourquoi ne puis-je, hélas ! ramener mes vingt ans,
Et ressaisir au vol ma jeunesse passée !
Les plaisirs reviendraient aimables et riants
Comme un vent printanier rajeunir ma pensée.


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Extraits_Soupirs_d-amours_JXN_VIDAL_1804-1878.pdf
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Les Soupirs d’amours de Jean Xavier Napoléon Vidal, publiés par Bruno Lagarrigue forment un ouvrage déjà apprécié des bibliophiles, qui pourra émouvoir nombre de lecteurs férus de poésies romantiques. Soigneusement imprimée à Malden sur les presses de l’imprimerie Thoben Offset Nijmegen réputée pour ses belles publications de la Fondation Custodia, du Musée Rembrandt d’Amsterdam et de nombreux ouvrages scientifiques, cette édition critique des poèmes romantiques inédits du sanflorain Vidal, a proprement été reliée dans l’atelier niméguois de reliure artisanale Boekbinderij van Mierlo. La maquette originale a été réalisée par le Prof. Wigger Bierma (enseignant à la Haute école des arts visuels de Hambourg) qui s’est acquis une réputation internationale par ses nombreuses couvertures artistiques et insolites destinées, entre autres, pour les ouvrages du Stedelijk Museum d’Amsterdam, du Kröller-Müller Museum d’Otterlo, du Gutenberg Museum de Mainz ou de la Fondation Custodia.

Outre les qualités littéraires indéniables des poèmes de Jean Xavier Napoléon Vidal, comme les premières critiques l’ont déjà signalé, les bibliophiles et les connaisseurs n'ont pas manqué de remarquer que la typographie des Soupirs d’amours a été enrichie pour la premère fois par une particularité esthétique exclusive. À la demande du Dr Bruno Lagarrigue, la fonte de caractères Custodia Pro choisie pour les Soupirs d’amours, a spécialement été complétée avec les ligatures ‘ct’ et ‘st’ conçues par le Prof. Fred Smeijers (créateur de caractères et enseignant à la Haute école des arts visuels de Leipzig).

Les Soupirs d'amours du poète romantique sanflorain forment donc un livre peu banal à plus d’un titre, car en plus de l'originalité de sa maquette, de son esthétique typographique et de sa belle reliure, l'ouvrage présente les écrits inédits d’un cantalien érudit qui n’a pas eu de son vivant la possibilité ou l’ambition, peut-être par excès de prudence, de publier son travail. Sauvés in extremis et aussitôt estimés par le Dr Bruno Lagarrigue pour leur valeur littéraire et leur signification sociale, les poèmes du sanflorain Vidal mettent clairement en évidence qu’il existait bien en province des poètes romantiques d’excellence encore à découvrir. La critique de l’époque ne retenait bien trop souvent que ceux qui étaient membres de quelque cercle aristocrate parisien ou peu critiques envers le régime au pouvoir.