Bruno Lagarrigue

janvier 2016

Un bel élan donné aux Soupirs d’amours

Le dernier numéro des Studi Francesi, la revue internationale quadrimestrielle bien connue des études de littérature française et de philologie romaine, vient de paraître. Il contient[1] un compte rendu favorable des Soupirs d’amours, rédigé par Jean-Marc HOVASSE, le meilleur spécialiste actuel de Victor HUGO.

            Directeur CNRS/ITEM de l'équipe "Autobiographie et correspondances", le Professeur HOVASSE a fait un bel éloge de la biographie de Jean Xavier Napoléon VIDAL, de la “préface remarquable” et de la qualité de la publication. Si Jean-Marc HOVASSE est d’avis que VIDAL n’obligera pas à réviser l’histoire de la poésie française, bien qu’elle soit selon nous encore trop centrée sur Paris, et s’il mentionne quelques faiblesses dans l’œuvre de VIDAL qu’une édition intégrale ne permettait pas de passer à la trappe, il recommande vivement les Soupirs d’amours :

            « Retracée avec tant de détails, de documents d’archives et d’études, l’histoire est si romanesque qu’on aurait pu la prendre, en des temps plus littéraires, pour une fiction – d’autant que le contraste entre cette œuvre sauvée in extremis de l’oubli dont elle n’était jamais sortie et le luxe incroyable de sa publication ne laisse pas de surprendre. […] C’est ici le cas d’école d’un auteur complétement inconnu qui entrerait directement en Pléiade 136 ans après sa mort. » […] « Ce livre étonnant […] intéressera donc a priori plutôt les historiens, les sociologues et les érudits (pas forcément locaux) que les poètes. Mais on le recommande aussi à tous les amateurs de curiosités éditoriales et littéraires. »
                        (Studi Francesi, nº 177, p. 615)


[1] Studi Francesi, n° 177, année LIX, vol. III, septembre-décembre 2015, pp. 614-615.

 

            Ainsi, les futurs lecteurs de Jean Xavier Napoléon VIDAL pourront-ils découvrir que les vers du Chapitre XIV des Soupirs d’amours ont une similitude de genre avec ceux des « chansonniers des caveaux » autour des années 1820,[2] comme l’a bien remarqué Jean-Marc HOVASSE.[3] Ces nouveaux lecteurs pourront également et surtout se délecter de nombreux poèmes de genres plus élevés, plus graves et moins prosaïques touchant, entre autres, l’inspiration poétique, les sciences, l’histoire, la politique, la guerre de 1870, l’amour et la nature, que VIDAL rédigea principalement durant sa retraite à Saint-Flour des années 1860 jusqu’à sa mort.
            Cette recension donnant un bel élan aux Soupirs d’amours et contribuant incontestablement à présenter Jean Xavier Napoléon VIDAL sur la scène internationale des spécialistes de la littérature française, je profite de ce canal pour exprimer à son auteur toute ma gratitude.
            Bruno Lagarrigue


[2] Voyez OURRY, Maurice, Le nouveau Caveau pour 1819 [1824] faisant suite au Caveau moderne & à l’Enfant Lyrique du Carnaval : choix des meilleures chansons, la plupart inédites, des membres du Caveau moderne & des Soupers de Momus, Paris, imp. de Casimir, chez Alexis Eymery, 236 pages.

[3] Si les seuls petits poèmes vidaliens de style léger rassemblés dans le Chapitre XIV des Soupirs d’amours ont bien une similitude de genre "étonnante" avec ceux des chansonniers des caveaux moderne et nouveau, de l’Enfant lyrique du Carnaval ou des Soupers de Momus, ils ne sont toutefois pas bardés d’apostrophes souvent utiles aux paroliers pour combler les élisions imposées par l’air de musique qu’ils choisissaient.